Hollywood Death Race - Carnet d'auteur


Nous sommes au mois de janvier 2017. Je ne suis alors pas encore auteur édité de jeux de société. Je viens de finir d’écrire un bouquin sur la culture geek et en attendant mon prochain projet, je travaille sur des remakes de jeux de société connus, mais pour moi, en pièce unique, pour le fun.

Après avoir développé un Qui est-ce ? Tes héros préférés spécial années 80, j’attaque un Docteur Maboul Megaman. Mais j’ai envie d’autre chose. J’ai envie d’un jeu qui ferait honneur à un dessin animé que j’ai toujours adoré et que je n’ai jamais trouvé bien retranscrit, ni en jeu de société ni en jeu vidéo : Les Fous du Volant.

Alors je commence à y réfléchir. Je me demande comment je pourrais en faire un truc fun, à jouer avec des potes. Je fais quelques croquis, quelques tests de gameplay et beaucoup de recherches sur les différents véhicules du dessin animé. Rapidement, j’ai mes premières fiches de persos, avec des pouvoirs, et un gameplay simple qui semble tenir la route (ha ha ha). Et du coup je me demande alors pourquoi n’en faire qu’une pièce unique ? Pourquoi ne pas essayer d’en faire un VRAI jeu ?

Droit ou de travers ?

Tout de suite, le problème de la licence se pose. Je ne suis pas auteur de jeux, et encore moins éditeur, personne ne me connaît dans le milieu. Je ne me vois pas arriver chez Hannah Barbera la fleur au fusil : « Salut, j’ai une super idée de jeu, vous voulez bien me vendre la licence de Wacky Races pas trop cher, s’il-vous-plaît ? »

Du coup, je décide de laisser tomber l’univers des Fous du Volant, mais certainement pas son ambiance. Je vais aller puiser dans un de mes domaines de prédilection : les années 80.

Et si les pilotes et leurs véhicules rappelaient des films et séries avec lesquelles les quadras d’aujourd’hui ont grandi ? Que se passerait-il si l’on retrouvait les légendes de nos après-midi d’enfance se tirant la bourre en traversant des plateaux de films complètement en décalage avec eux ?

C’est sur ce postulat que je décide de partir.

C’est décidé, le jeu va se dérouler dans un futur dystopique dans lequel toute forme d’art a été interdite. Le cinéma n’est plus qu’un vestige du passé et de nombreux bolides légendaires prennent la poussière sur le parking d’un grand studio Hollywoodien.


La course à la mort… où tu meurs pas.


Reste à lui trouver un titre. Je décide de lui donner un nom à rallonge, caricatural, en hommage à tous ces films de vidéo club dont les noms et les affiches faisaient super envie… mais n’avaient rien à voir avec le contenu. Il s’appellera donc Hollywood Death Race 9000. Hollywood pour situer le lieu, Death Race pour situer le principe (alors même que personne ne peut mourir dans le jeu, mais j’aimais l’absurdité du concept) et 9000… en hommage à un certain prince d’une certaine planète où les gens ont des queues de singe et une tendance à tendre vers l’Aryen quand ils sont énervés.

Le 9000 sera plus tard abandonné, mais l’absurdité du titre est restée tout du long, et ça, j’en suis pas peu fier (dit-il en souriant, le bougre).

Hollywood Death Race va donc mêler figures emblématiques de la télé et du cinéma et décors de films cultes. Le tout en surfant sur le droit à la parodie, parce que j’ai jamais eu très envie de finir en prison. La promiscuité et les repas à heure fixe n’ont jamais été des trucs qui m’ont fasciné.


C’est bien beau, mais…

Je travaille plusieurs versions de plateaux, le fond est là mais il faut que la forme avance, maintenant.

J’ai des idées, mais je ne suis pas illustrateur. Rapidement, je passe une annonce sur les réseaux sociaux, à la recherche d’un illustrateur qui accepterait de bosser avec moi sur le projet, au coup de poker. Je n’ai pas d’argent à investir dans ce jeu, il faut donc que l’illustrateur croie en moi et en ce projet. La contrepartie ? Il m’accompagnera jusqu’au bout de l’aventure et sera signé par l’éditeur que je trouverai. Car oui, je compte bien être édité. Si je ne crois pas en moi à ce moment-là, qui va le faire ?